
Dans la grande loterie de l’évolution, certains animaux gagnent des ailes, d’autres des crocs. Et puis il y a ceux qui finissent avec des pinces. Everything is Crab part de cette blague scientifique très réelle — la carcinisation, cette tendance de plusieurs espèces à évoluer vers une forme de crabe — pour en faire un jeu où l’on tente justement de ne pas finir en crustacé.

Le principe tient en une phrase : vous incarnez Darwin, un petit blob bleu qui mange des créatures, récupère des traits évolutifs et assemble, partie après partie, une bête capable de survivre dans un écosystème qui ne lui fera aucun cadeau.
Le jeu arrivera le 24 novembre dans Apple Arcade, sur iPhone et iPad. Il demande au minimum iOS ou iPadOS 15, pèse environ 1,2 Go et porte une classification 12+. Pas d’achat à l’unité ici : il est inclus dans l’abonnement Apple Arcade.
Un roguelite qui préfère les tentacules aux épées
Le cœur du programme, ce sont les choix d’évolution. Everything is Crab annonce plus de 125 talents à combiner : pattes supplémentaires, griffes, fourrure, queue, écailles, ailes ou tentacules. L’idée n’est pas de fabriquer une jolie créature de documentaire animalier. Le jeu encourage plutôt la chimère improbable, celle qui ressemble à un croisement entre un prédateur, une peluche et un accident de laboratoire.
Ces mutations ne seraient pas uniquement décoratives : elles doivent définir la façon de jouer. Le studio évoque notamment des profils de prédateur offensif, de nomade mobile, de meneur entouré d’alliés ou de survivant plus rusé. C’est la promesse familière du roguelite à builds : chaque tentative vous oblige à composer avec ce que vous trouvez, plutôt qu’à reproduire exactement la même recette.
Le titre ajoute une couche de méta-progression, des défis et un système de génétique permettant de mélanger les créatures de départ. Une fois certaines conditions remplies, un mode sans fin doit aussi retirer le chronomètre pour laisser votre organisme bricolé tenir aussi longtemps que possible face à l’apocalypse annoncée.

Quatre biomes et beaucoup de choses qui veulent vous manger
Les captures montrent un jeu en pixel art 2D, vu de dessus, avec une action concentrée autour du personnage. Darwin évolue au milieu de petites créatures, d’ennemis et d’animaux qui l’encerclent parfois. L’interface affiche des barres en haut et en bas, un bouton de pause, ainsi que des commandes circulaires sur le côté droit de l’écran : le format mobile est donc assumé, sans chercher à déguiser le jeu en aventure console.
La palette, elle, ne reste pas coincée dans un marais brunâtre. On aperçoit des zones d’herbe très verte, du sable jaune, de l’eau bleue et des étendues enneigées, avec quelques clôtures, arbres et éléments de décor. Quatre biomes sont prévus, chacun avec sa faune, sa flore, ses événements et ses règles. Le cycle jour-nuit doit modifier l’activité du monde, tandis que des boss peuvent apparaître — ou non — au cours d’une partie.
Cette dernière précision compte : Everything is Crab semble vouloir jouer la carte de l’écosystème mouvant plutôt que celle de l’arène totalement figée. Reste à voir comment ces événements et ces rencontres se combinent une fois la manette virtuelle sous le pouce ; les images et les informations du studio décrivent l’intention, pas l’équilibrage réel.

Pour les collectionneurs de builds, pas pour les naturalistes
Vous devriez garder un œil dessus si les roguelites où l’on empile des bonus vous parlent davantage que les campagnes écrites au millimètre. Le plaisir attendu est clairement dans l’expérimentation : essayer une créature rapide, une autre plus agressive, une troisième escortée de compagnons, puis constater à quel point la bestiole obtenue a échappé à tout contrôle esthétique.
En revanche, passez votre chemin si vous cherchez une simulation crédible de l’évolution, une aventure narrative ou un jeu où chaque victoire dépend seulement de réflexes précis. Ici, la science sert surtout de prétexte à faire pousser des pinces là où personne n’avait demandé de pinces. Les amateurs d’univers sobres risquent aussi de trouver la proposition trop chargée : l’écran montre beaucoup de petites unités et de compteurs, dans une ambiance volontairement colorée.
Everything is Crab ne prétend donc pas expliquer Darwin : il transforme l’évolution en boîte à outils de survie, avec un humour de biologie de comptoir et un bestiaire que l’on pourra maltraiter à loisir. Sur Apple Arcade, c’est le genre de curiosité qui mérite au moins un regard si l’idée de bâtir un kangourou-crabe-tentaculaire vous paraît plus séduisante qu’elle ne devrait.

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Source : Secret Mode